Début du contenu principal

Dix-neuvième rapport annuel au Premier ministre sur la fonction publique du Canada

Avis : Ces documents ne sont plus d'actualité. Ils sont archivés et demeurent en ligne à titre de référence seulement. Fonctionalités peuvent être réduites.

[ PDF 197 Ko ]


Table des matières


I. Introduction

La fonction publique du Canada a toujours joué un rôle essentiel dans l’amélioration de la vie des Canadiennes et des Canadiens et la protection de l’avenir de notre pays. Nous nous préparons à concrétiser les changements annoncés dans le budget de 2012, et nous le faisons tandis que nous sommes en position de force. Alors que nous vivrons cette importante période de transition, la gérance de cette institution vitale qu’est la fonction publique revêtira encore plus d’importance.

En tant que greffier du Conseil privé et chef de la fonction publique, j’ai eu la chance encore cette année de voir les fonctionnaires en action, au pays et à l’étranger. Grâce à ces rencontres, j’ai pu constater et mieux comprendre nos défis et nos réussites au quotidien ainsi que le professionnalisme dont nos collègues font preuve. Notre fonction publique ne cesse de m’inspirer, et je demeure convaincu qu’elle est parmi les meilleures au monde. Cette fierté m’amène à ne jamais manquer l’occasion de faire part de nos réalisations et de nos innovations à mes homologues nationaux et internationaux. Tous les fonctionnaires peuvent être fiers de nos réalisations collectives.

II. Le monde dans lequel nous servons

Notre époque est des plus intéressantes pour les fonctionnaires. En tant que nation, nous vivons une période de transformation importante, et sur la scène internationale, nous sommes témoins de la naissance d’une architecture mondiale plus complexe, tandis que les puissances économiques et politiques traditionnelles s’amenuisent et se reforment autour de nations et d’alliances émergentes. Le rôle et l’influence du Canada concernant ces changements ne peuvent être tenus pour acquis. 

De nombreux pays industrialisés sont aux prises avec des dettes énormes et subissent un important ralentissement économique. Dans leurs efforts pour rétablir l’équilibre budgétaire national, plusieurs ont entamé de rigoureux programmes d’austérité ayant de lourdes répercussions sur leurs institutions publiques et leurs citoyens.

En même temps, le lien traditionnel entre le gouvernement et les citoyens continue d’évoluer. Outillés de technologies de communication et de collaboration instantanées, les citoyens exigent de jouer un plus grand rôle dans l’élaboration des politiques publiques ainsi que dans la conception et la prestation de services. Ils veulent avoir plus facilement accès aux données du gouvernement, et demandent que leurs institutions fassent preuve de plus d’ouverture et de transparence.

Dans certains pays, les médias sociaux ont même servi à l’organisation de soulèvements contre les pouvoirs autoritaires, contribuant au renversement de certains régimes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient l’an dernier.

Le Canada a lui aussi eu son lot d’événements dramatiques. Au printemps dernier, des inondations dévastatrices ont frappé le Manitoba, la Saskatchewan et la vallée du Richelieu au Québec, et des incendies de forêt ont détruit la grande partie de la communauté de Slave Lake, en Alberta. En réponse à ces catastrophes, des milliers de membres des Forces canadiennes et de la GRC ont travaillé sans relâche avec des représentants locaux pour faire évacuer les personnes en danger ainsi que protéger les maisons, les routes et les infrastructures essentielles. Au cours des mois qui ont suivi, les fonctionnaires fédéraux ont collaboré avec leurs homologues provinciaux et municipaux afin d’aider les Canadiens touchés à refaire leur vie.

Renforcer la relation avec les Premières nations
Dans un Plan d’action conjoint lancé en juin 2011, le gouvernement du Canada et l’Assemblée des Premières Nations se sont engagés à collaborer pour la prospérité à long terme des Premières nations dans des domaines tels que l’éducation, la gouvernance et le développement économique. La rencontre historique de la Couronne et des Premières nations en janvier dernier, à laquelle ont participé le premier ministre, des ministres, des membres du Parlement, des fonctionnaires et plusieurs centaines de chefs, a permis de jeter les bases de futures réformes.

Si certains fonctionnaires se sont empressés d’aider des citoyens à composer avec ces imprévus, plusieurs autres ont contribué à définir l’avenir du pays. Pour la première fois en sept ans, le gouvernement a obtenu une majorité à la Chambre des communes. Ainsi, une occasion précieuse s’offre à la fonction publique pour soutenir le gouvernement et adopter des approches à long terme pour que le Canada puisse relever les grands défis auxquels il fait face, que ce soit sur le plan de l’économie, du vieillissement de la population canadienne ou de notre rôle dans le monde.

La croissance et la prospérité futures du Canada sont au cœur de plusieurs initiatives clés pour lesquelles nous avons accompli des progrès durant la dernière année. À ce titre, les fonctionnaires travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues américains concernant deux grandes initiatives conjointes, soit l’entente « Par-delà la frontière », un nouveau partenariat à long terme qui renforcera et consolidera les liens au chapitre de l’économie et de la sécurité que nous avons établis avec notre plus important partenaire, et le Conseil de coopération Canada–États-Unis en matière de réglementation, qui permettra de mieux harmoniser les approches de nos deux nations en matière de réglementation.

Leadership économique du Canada
Le Fonds monétaire international et l’Organisation de coopération et de développement économiques prévoient que le Canada connaîtra la croissance la plus forte des pays du G7 au cours de la prochaine année. Le Forum économique mondial a classé notre système bancaire parmi les plus solides au monde pour la quatrième année consécutive grâce en grande partie à notre cadre de réglementation et de surveillance du secteur financier.

Le leadership économique du Canada a de nouveau été reconnu quand le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney a été nommé président du Conseil de stabilité financière du G20 en novembre 2011.

En outre, nous avons travaillé fort pour renforcer les relations commerciales du Canada avec des économies importantes et émergentes. Des accords sur le libre-échange ont été conclus ou sont entrés en vigueur avec plusieurs partenaires de l’Amérique latine, et les négociations avec quelque 50 autres États vont bon train, notamment avec les pays membres de l’Union européenne, ceux de l’Accord de partenariat transpacifique et la Corée.

Le Canada a surmonté le récent ralentissement économique mieux que les autres pays du G7, mais l’incertitude demeure. Nous devons demeurer vigilants. Le Canada doit se positionner de façon à pouvoir concurrencer les économies les plus fortes et qui croissent le plus rapidement.

Le Canada doit maintenir ses efforts concernant ses propres défis financiers si l’on veut que notre économie demeure solide. Et la fonction publique y contribuera.

III. Notre institution évolue

En examinant mes rapports annuels et ceux de mes prédécesseurs, j’ai constaté une étonnante continuité tant dans les observations que dans les conseils offerts. Bien que les rapports couvrent près de vingt ans, les forces du changement sont des thèmes récurrents : mondialisation accrue, avancées technologiques constantes, pressions financières, modification du tissu social canadien, attentes toujours plus élevées des citoyens concernant la prestation plus rapide de services améliorés, exécutés à moindre coût. Est-ce parce que nous n’avons pas été en mesure d’agir? Pas du tout. Ces forces ont alimenté un renouvellement continu et judicieux de notre institution.

À l’heure du changement
« Dans tous les pays, les institutions du secteur public changent. Ceci est également inévitable au Canada. En effet, la fonction publique doit changer si elle veut devenir plus productive, moins lourde et plus pertinente, et si elle veut demeurer un milieu de travail de choix aux yeux des jeunes Canadiens talentueux. »
Sixième rapport du Comité consultatif sur la fonction publique nommé par le Premier ministre

La fonction publique demeure forte parce que nous continuons de nous adapter au contexte évolutif pour répondre aux besoins des Canadiens. Grâce aux efforts de renouvellement de la fonction publique entrepris en 2006, la planification des activités et des ressources humaines est mieux intégrée et plus rigoureuse, une dynamique cohorte de nouveaux fonctionnaires a joint nos rangs, les administrateurs généraux et leur équipe de gestion se concentrent sur la gestion des ressources humaines, et nous avons modernisé bon nombre de nos pratiques et systèmes administratifs.

Mais en réalité, les changements qui s’opèrent dans la société prennent une avance considérable sur les ajustements faits au sein de la fonction publique. Par conséquent, il est de plus en plus difficile pour nous d’être au diapason de la société postindustrielle branchée que nous servons.

Même si aucune autre organisation au pays ne peut offrir le même niveau d’expertise et d’objectivité en matière de politiques, nous sommes une des entités qui conseillent le gouvernement. Nous devons tirer profit de nos larges réseaux, de notre vaste expérience et de notre capacité d’intégrer divers points de vue pour nous distinguer sur le marché surchargé des politiques.

Notre mode d’exécution des services est maintenant davantage axé sur les citoyens. Par exemple, Service Canada offre un guichet unique pour accéder à tout un éventail de programmes et de services du gouvernement du Canada. Cependant, les citoyens doivent néanmoins encore naviguer parmi de nombreuses sources pour trouver les services dont ils ont besoin.

Et même si nous avons actualisé bon nombre de nos pratiques de gestion, nous devons trouver des moyens de concilier la responsabilisation verticale et de travailler dans un environnement de plus en plus horizontal et fondé sur la collaboration.

Nous avons déjà fait quelques progrès tangibles dans le cadre de notre campagne visant à moderniser nos façons de travailler et de servir les Canadiens :

  • Plus de 80 organisations fédérales utilisent les technologies du Web 2.0 et les médias sociaux pour partager en temps opportun de l’information précise, recueillir des données ou échanger avec les citoyens. Par exemple, l’Agence des services frontaliers du Canada utilise Facebook, YouTube et Twitter pour communiquer directement avec les Canadiens relativement aux questions touchant la frontière. Elle a même créé des comptes Twitter pour chacun des points d’entrée. Il s’agit d’un moyen efficace et rapide pour les Canadiens qui souhaitent connaître les temps d’attente.
  • Le gouvernement a élargi son engagement à l’égard d’un gouvernement ouvert, et ce, concernant trois volets : données ouvertes (offrir plus de données gouvernementales aux citoyens), information ouverte (divulguer proactivement de l’information concernant les activités du gouvernement) et dialogue ouvert (mobiliser davantage les citoyens grâce aux technologies du Web 2.0).
  • La Commission sur la réduction de la paperasse a récemment publié une série de recommandations visant à alléger le fardeau de conformité aux règlements qui pèse sur les entreprises canadiennes. En appui des travaux de la Commission, la Communauté des régulateurs fédéraux a mis en ligne un outil de collaboration que plus de 1 000 employés chargés de la réglementation ont utilisé pour mettre en commun leurs idées afin de réduire la paperasserie.
  • Services partagés Canada, établi en août 2011, est une nouvelle organisation de services communs qui regroupera les ressources de plus de 60 systèmes internes de courriel, de 300 centres de données et de 3 000 réseaux électroniques. Cette approche pangouvernmentale nous permettra de moderniser nos systèmes, ainsi que d’accroître notre efficience et de réduire les coûts des services offerts aux Canadiens.

De plus, les administrateurs généraux ont déjà rapporté les progrès réalisés au sein de leurs organisations respectives relativement aux objectifs que j’avais énoncés dans mon dix-huitième rapport au chapitre du renouvellement. Je suis heureux de constater que les ministères et les organismes s’affairent activement à établir les conditions qui permettront à notre institution de réussir à l’avenir. Les processus font l’objet de simplification, le partage des ressources permet de réduire les coûts, et les efforts se sont accrus afin d’obtenir l’engagement des employés. On donne des exemples de certaines initiatives prometteuses partout à la fonction publique sur mon site Web.

Nous devons cependant en faire beaucoup plus, et l’on nous demande de mener à bien notre mission en utilisant moins de ressources. Mais plutôt que de nuire à nos efforts, cela doit nous pousser à trouver de nouvelles façons de travailler.

Nous devons miser sur les résultats souhaités pour les Canadiens et être ouverts aux différentes approches qui nous permettraient d’accomplir notre mission. Nous devons nous forcer à innover et à prendre des risques éclairés. Si nous pouvons faire cela, je suis convaincu que nous pourrons optimiser plus que jamais les ressources dont nous disposerons.

IV. Poursuite de l’excellence dans la fonction publique

Comme on l’indique ci-dessus, les changements qui s’effectuent dans le monde sont fondamentaux et la fonction publique doit emboîter le pas. Pour aller de l’avant, la principale question que nous devons nous poser n’est pas de savoir si la taille de notre organisation est adéquate, mais bien si son fonctionnement lui permet de répondre aux impératifs d’une nouvelle époque.

Afin de maintenir le niveau d’excellence à l’égard de l’ensemble de nos responsabilités fondamentales (élaboration de politiques, prestation de services et exécution de programmes, réglementation et gestion) nous devons comprendre ce que seront les exigences de l’avenir et aligner nos organisations afin de pouvoir répondre à ces besoins. Au cours de la prochaine année, les administrateurs généraux devront me soumettre un rapport sur la façon dont leur organisation procède à cet égard.

Mise en œuvre du budget de 2012

Des employés engagés
Le récent Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux 2011 montre que malgré l’incertitude, les fonctionnaires demeurent très motivés et engagés à l’égard de leur travail : 82 p. 100 des employés aiment leur emploi et 94 p. 100 sont prêts à consentir des efforts supplémentaires pour que le travail soit fait.

Le budget de 2012 constitue un programme ambitieux pour le Canada. Je suis très fier de mes collègues de la fonction publique : les judicieux conseils et l’excellent soutien qu’ils ont fournis au gouvernement ont permis de tracer un chemin audacieux pour notre nation.

Le budget de 2012 marque également le début d’une ère nouvelle pour notre institution. Je suis tout aussi fier du professionnalisme et de l’empressement avec lesquels la fonction publique a aidé le gouvernement à trouver des solutions pour réduire le déficit. Malgré le stress réel que ces changements entraînent et qui pèse sur les équipes et chacun de leurs membres, les cadres supérieurs ont fourni les meilleurs conseils possible aux ministres, les fonctionnaires ont continué d’accomplir leurs tâches quotidiennes avec dévouement et sérieux, et les gestionnaires ont commencé à se préparer aux changements à venir.

Je sais que les décisions qui ont été prises seront mises en œuvre avec le même niveau de professionnalisme et de doigté par nous tous.

La réussite ne dépend pas seulement de l’atteinte de nos objectifs en matière de réduction. Notre objectif est de construire une organisation plus solide et plus souple qui sera capable de répondre aux besoins de demain, et ce, malgré des budgets réduits et une fonction publique amoindrie.

Au cours des prochaines années, les ministères devront adopter des manières novatrices de se charger de leurs responsabilités essentielles. En assurant la collaboration de toutes les organisations publiques et autres et en simplifiant nos processus et en tirant parti des nouvelles technologies, nous pourrons offrir aux Canadiens de meilleurs services à moindre coût. Cela signifie que nous devons attentivement réfléchir aux compétences que notre effectif devra posséder pour être en mesure de nous aider, puis orienter nos décisions en conséquence tout au long de la mise en œuvre du budget de 2012.

Lorsque nous procéderons à l’exigeant remaniement de nos organisations, nous ferons tout notre possible pour présenter de nouvelles perspectives aux employés dont les postes seront touchés. Nous tenterons de tirer le meilleur parti possible des retraites prévues, des départs et des postes vacants afin de minimiser les répercussions des réductions.

Investir dans les personnes
« Tout au long du processus de changement, il sera essentiel de continuer à recruter des employés talentueux […] pour assurer un apport constant de dirigeants pour les décennies à venir. Il faut également continuer d’investir dans la formation et le perfectionnement des employés, de sorte que la fonction publique puisse remplir son mandat même si son effectif diminue. »
Sixième rapport du Comité consultatif sur la fonction publique nommé par le Premier ministre

Nous devons également continuer d’acquérir les compétences dont la fonction publique a besoin pour évoluer. Le perfectionnement professionnel ne doit pas être mis de côté en période de restriction budgétaire. Au cours des mois à venir, nos activités de recrutement viseront à combler des lacunes importantes sur le plan des compétences. Nous nous emploierons à répondre aux besoins généraux et à long terme de l’institution. Néanmoins, la réalité est qu’il y aura moins d’emplois.

Les employés dont les postes seront touchés seront traités avec respect et en conformité avec les ententes sur le réaménagement des effectifs conclues avec les agents négociateurs.

Les personnes qui nous quitteront pour relever de nouveaux défis ailleurs mériteront toute notre reconnaissance pour le travail accompli au cours de leur carrière dans la fonction publique.

La fonction publique de l’avenir

La mission de la fonction publique ne sera pas profondément modifiée au cours des prochaines années, mais notre façon de travailler doit changer. La fonction publique de demain sera définie par un certain nombre de caractéristiques clés : nous devrons miser sur la collaboration, l’innovation, la simplification, le rendement supérieur, la souplesse et la diversité afin d’atteindre l’excellence dans tout ce que nous faisons.

Collaboration

La fonction publique est formée de personnes qui rassemblent une multitude de compétences et d’expériences. Ces personnes travaillent dans toutes les régions de notre vaste pays ainsi qu’à l’étranger. En collaborant davantage, nous exploiterons pleinement l’intelligence et l’énergie de chacun des membres de notre institution et produirons ainsi de meilleurs résultats pour la population canadienne.

Politique fondée sur les connaissances communes
Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) met à l’essai un modèle d'élaboration ouverte des politiques qui mise sur le réseautage social et sur la technologie pour pleinement tirer parti des idées et de l’expertise du Ministère et de l’extérieur. Une récente activité d’une journée à laquelle ont participé 400 représentants des secteurs public et privé a donné lieu à des projets pilotes en la matière (p. ex. simulation d’intervention d’urgence faisant intervenir des agents consulaires et une communauté bénévole de cartographie des crises).

En outre, le MAECI utilise GCconnex, le site de réseautage social de la fonction publique, afin de rendre la recherche stratégique et l’élaboration de politiques accessibles aux fonctionnaires de tous les ministères.

Nous devons renforcer notre engagement envers notre important réseau de partenaires externes : d’autres pays et ordres de gouvernement, le secteur privé, la société civile et les citoyens eux-mêmes.

Je suis convaincu que la fonction publique peut prendre les rênes et galvaniser le pouvoir collectif de notre société, afin de s’attaquer aux vastes et complexes enjeux auxquels le Canada est confronté. Pour bien y arriver, nous devrons améliorer nos compétences en tant que bâtisseurs de réseaux, facilitateurs et partenaires.

Nous nous appuierons sur cette collaboration pour formuler des conseils professionnels, généraux et créatifs qui sauront répondre aux besoins les plus variés des citoyens.

La collaboration est également essentielle à notre capacité d’offrir des services intégrés et axés sur les citoyens. Nous avons fait un important pas dans cette direction en créant Service Canada, guichet unique qui permet aux citoyens d’accéder à un large éventail de services gouvernementaux. Pour atteindre l’excellence en matière de prestation de services, nous devons cependant resserrer nos liens avec les autres ordres de gouvernement et avec les organismes non gouvernementaux ainsi que faire participer les citoyens à la conception et à la prestation des services qui les concernent.

Innovation

Nouvelle latitude, vieilles habitudes
Dans le récent Rapport sur l’examen de la Loi sur la modernisation de la fonction publique qui a été déposé, on apprend que malgré toute la latitude que permet maintenant la dotation, nous avons été peu disposés à nous défaire des vieilles approches, empêchant ainsi certaines dispositions de la Loi de produire tous ses effets.

C’est à force d’essayer de nouvelles solutions qu’on trouve la bonne. Nous devons allier créativité et courage afin de fondamentalement modifier notre manière de travailler. Nous devons résister à l’envie de créer une ribambelle de règles et de procédures pour nous protéger de toutes les erreurs possibles — ce que nous avons eu tendance à faire ces derniers temps. Un changement d’approche s’impose.

Comme l’a remarqué l’auteur William Gibson, le futur est déjà arrivé, mais sa distribution est inégale. À l’échelle de notre vaste organisation, des fonctionnaires pensent déjà à des solutions créatives pour mieux travailler et pour obtenir de meilleurs résultats. Nous devons braquer les projecteurs sur ces pionniers afin d’apprendre de leurs expériences et d’en tirer pleinement profit. Les gestionnaires et les cadres supérieurs peuvent favoriser les grandes et les petites innovations en encourageant leurs équipes à s’interroger sur la façon d’améliorer leur façon de travailler, à mettre à l’essai de nouvelles approches et à apprendre de leurs erreurs.

Beaucoup des innovations du XXIe siècle sont possibles grâce aux technologies très perfectionnées des communications. Néanmoins, plusieurs fonctionnaires sont déçus par l’inaccessibilité au Web 2.0 et aux médias sociaux, des outils qui présentent pourtant tant de possibilités pour ce qui est de transformer notre manière de faire et de servir les Canadiens. Les fonctionnaires devraient bénéficier d’un accès uniforme à ces nouveaux outils, lorsque possible. Nous trouverons une manière de combler cette lacune tout en assurant la protection des données et de l’information qui nous ont été confiées.

Enfin, j’encourage les ministères à continuer d’accroître leur recours aux technologies du Web 2.0 et aux médias sociaux afin de communiquer avec les Canadiens, de diffuser de l’information, de faciliter la collaboration et de concevoir de nouveaux services efficaces.

Simplification

Services partagés Canada
Créé en août 2011, Services partagés Canada a pour mandat de simplifier les services de TI du gouvernement et de réduire les chevauchements en gérant cette infrastructure pour l’ensemble du gouvernement. Cette initiative engendrera des économies et rendra les TI plus efficaces et fiables à l’échelle de la fonction publique.

De nos jours, les citoyens s’attendent à ce que les services soient facilement accessibles, rapides et souples. Les fonctionnaires ont besoin de processus et de systèmes administratifs qui facilitent leur travail plutôt que de l’entraver, tout en favorisant la responsabilité.

Malheureusement, ni nos services externes ni nos services internes ne correspondent à cette description. Dans les deux cas, il ne suffira pas d’améliorer les processus pour répondre aux attentes : nous devons fondamentalement transformer notre manière d’offrir des services et du soutien administratif. En rassemblant les efforts et les ressources de tous les ministères et en agissant avec aplomb en vue de normaliser plusieurs processus et systèmes, nous stimulerons l’innovation et optimiserons nos ressources.

Notre infrastructure technologique est à la base de nos activités et de nos services. Nous avons fait des progrès en matière de gestion générale, notamment en ce qui concerne la rémunération et les pensions. Maintenant, la création de Services partagés Canada marque une nouvelle ère pour les systèmes et les services internes. Grâce à la taille de notre organisation, il est possible d’offrir à tous les ministères des services rationalisés, économiques et sécurisés en matière de courrier électronique, de données et de réseaux. Cette approche pangouvernementale libérera des ressources qui pourront être consacrées à des activités de plus grande valeur. Nous devons adopter une approche plus normalisée et l’appliquer à d’autres services communs clés, comme les ressources humaines et les finances.

Rendement supérieur et souplesse

Dans un monde où les médias sociaux peuvent rapidement propulser un enjeu à l’avant-scène, nous disposons de moins en moins de temps pour formuler des conseils et prendre des décisions. Plus le monde change, plus la fonction publique doit être souple. Les organisations autant que les individus doivent être agiles.

Renforcer notre capacité de gérer le rendement
Beaucoup d’efforts sont déployés en vue d’aider les gestionnaires à renforcer leur capacité de gérer le rendement. Par exemple, le Bureau du dirigeant principal des ressources humaines a conçu un outil de gestion du rendement en ligne, et l’École de la fonction publique du Canada offre des cours sur la gestion du rendement pour les gestionnaires.

Nous devons dès maintenant mettre à l’essai des modèles de ressources humaines plus souples, qui permettront à nos travailleurs du savoir et à nos experts de déployer leurs talents au moment et là où ils sont le plus utile et non pas seulement dans leur environnement immédiat. Nous devons également continuer de trouver les tâches et les fonctions qu’il serait plus avantageux de confier à des organisations externes.

Pour atteindre l’excellence en ce qui concerne nos fonctions de base, il faudra en outre accroître la productivité à l’échelle de l’organisation. Une gestion rigoureuse du rendement est essentielle : tous les dirigeants et gestionnaires doivent s’employer à tirer le meilleur de leurs employés et d’autres ressources. Nous devons encourager les fonctionnaires de tous les niveaux, les aider à se perfectionner et exiger d’eux rien de moins que l’excellence. Ainsi, les gestionnaires doivent donner l’exemple.

Au cours des prochains mois, pour veiller à ce que leur équipe se concentre sur l’important travail que nous accomplissons, les gestionnaires devront fixer des normes de rendement élevées et exiger de leurs employés qu’ils les atteignent. Tous les employés doivent conclure une entente de rendement avec leur superviseur.

Compte tenu de l’exigeante période qui nous attend, il sera important de souligner l’excellence chez les employés — qu’ils aient contribué à l’obtention de résultats, véhiculé des valeurs organisationnelles ou fait preuve d’innovation. La reconnaissance peut prendre de nombreuses formes : rétroaction positive, nouveaux défis, occasions d’apprentissage, prix ou reconnaissance publique.

Diversité

Il est tout à fait sensé sur le plan administratif d’accueillir, de respecter et de valoriser la diversité dans le milieu de travail. Le fait de bénéficier de différentes perspectives enrichit notre compréhension des enjeux et ajoute énergie et créativité à notre travail.

Dans le cadre de nos activités de renouvellement, nous travaillons ardemment à créer une fonction publique qui soit le reflet et qui tire profit de la riche mosaïque qu’est notre pays. Je suis très satisfait des résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux 2011. En effet, les fonctionnaires sont pour la plupart (88 p. 100) d’avis que chaque membre de leur unité de travail fait partie intégrante de l’équipe, sans égard à la race, à la couleur, au sexe et aux capacités physiques.

Le sondage a aussi révélé qu’une majorité de fonctionnaires se sentent à l’aise d’utiliser la langue officielle de leur choix dans l’exercice de leurs fonctions. Nous ne devons pas cesser nos efforts visant à favoriser des environnements de travail où les deux langues officielles peuvent être utilisées, même si nous devons procéder à des réductions.

Les dirigeants de la fonction publique doivent continuer de mettre à profit la diversité de notre organisation en faisant ressortir les talents et les idées et en soulignant le rôle de la diversité dans le milieu de travail. De cette manière, nous créerons des environnements de travail productifs et pleinement satisfaisants qui renforceront notre capacité d’attirer et de conserver d’excellents employés et de mieux servir la population canadienne dans les deux langues officielles.

V. Les valeurs fondamentales de la fonction publique

Les valeurs fortes et fondamentales de la fonction publique nous permettront de piloter la transition difficile qui s’amorce.

Le nouveau Code de valeurs et d’éthique du secteur public, qui est  entré en vigueur en avril 2012, renouvelle notre engagement profond à l’égard d’un secteur public professionnel, non partisan et hautement éthique. Respect de la démocratie, respect envers les personnes, intégrité, intendance et excellence sont des valeurs qui décrivent le secteur public fédéral et qui fixent des normes de comportement élevées pour tous les fonctionnaires.

L’impartialité politique demeure au centre du Code. Elle est la source de la confiance que les gouvernements successifs et les Canadiens doivent avoir en notre capacité de servir l’intérêt public plutôt que des intérêts personnels ou privés.

C’est grâce à notre respect de ces valeurs au fil de nombreuses générations que nous sommes l’un des secteurs publics les plus appréciés du monde. Au moment où nous nous tournons vers l’avenir, nous devons protéger, cultiver et transmettre ce fier pan de notre identité à la prochaine génération.

Il ne suffit pas pour les fonctionnaires de tout simplement connaître ces valeurs; ils doivent pleinement s’engager à leur égard et les laisser se manifester dans tout ce qu’ils accomplissent au nom des Canadiens. Je m’attends à ce que les dirigeants et les gestionnaires de la fonction publique amènent leurs employés à renouveler leur engagement envers ces valeurs essentielles dans le cadre d’un dialogue continu sur les enjeux réels en milieu de travail.

VI. Ce que nous réserve l’avenir

Je suis très fier de ce que la fonction publique a accompli à ce jour et du rôle essentiel qu’elle joue en offrant des services au gouvernement et au pays.

Nous avons l’occasion exceptionnelle de participer à quelque chose d’important — la chance d’orienter notre institution en prévision d’une nouvelle époque. La voie à suivre ne sera pas facile, mais je suis convaincu que, forts de nos valeurs fondamentales, nous ferons preuve de créativité et de courage et continuerons de prendre les mesures nécessaires, aussi audacieuses soient-elles, pour transformer la fonction publique du Canada.

Nous nous devons de relever ce défi, pour les Canadiens et pour nous-mêmes.

Annexes